Soirée des Acharnés du jeudi 18 avril : « La guerre est déclarée »

Voilà une soirée pour les gens qui aiment quand ça castagne, pour les nostalgiques du Risk, mais surtout en fait pour les amateurs de tous ces jeux post-Risk d’affrontements militaires.

Forces en présences : A few acres of snow, Eclipse, Small world, Méditerranée, Imperial 2030.

Eclipse, 2 à 6 joueurs, 2h-2h30

Eclipse est un wargame à la sauce SF (science-fiction) qui a la bonne idée d’être aussi un jeu de gestion. Le mélange des 2 types de jeu est très réussi et il faudra explorer la galaxie avec  ses vaisseaux pour conquérir de nouvelles planètes afin d’augmenter ses ressources et ses crédits, ce qui permettra de financer de la recherche et du développement pour améliorer sa force militaire et rendre ses vaisseaux redoutables. On peut vraiment parler de tuning de vaisseau tant les possibilités sont multiples : ordinateur de visée pour augmenter les chances de toucher son adversaire Les combats se déroulent au dé, mais l’aléatoire est bien encadrée par un système bien pensé qui fait que le plus intelligemment développé l’emporte en général (petit clin d’œil à ce joueur célèbre dans toute la galaxie qui « tuné » son vaisseau comme c’est pas permis et qui au moment d’engager sa flotte dans la bataille s’est rendu compte qu’il avait oublié de développer le système d’armement…). On peut développer des ordinateurs de visée (qui permettent de toucher plus souvent), des gros canons (qui infligent des dégâts plus lourds) , des réacteurs (pour se déplacer plus vite), des gros générateurs (pour pouvoir alimenter tous ces équipements sophistiqués, etc. Sachant qu’on a 4 types de vaisseaux customisables, et que dans chaque vaisseau on est limité dans le nombre de modules qu’il est possible d’installer. Bref c’est un Risk élaboré, matiné de jeu de gestion et un très bon jeu !

Small world, 2 à 5 joueurs, 1h30-2h

Small World est devenu l’un des wargames les plus populaires de ces dernières années. Il est simple, très stratégique (sans aucun lancer de dé) et propose une mécanique de « je prends un peuple, basé sur 2 caractéristiques (parmi une vingtaine), je le développe au maximum et je le décline pour en prendre un autre ». Chaque terrain conquis sur une carte morcelée de territoires vous rapporte des points (si je possède la caractéristique « gobelins », les terrains verts me rapportent 2 points au lieu d’un, donc je vais tenter de choper un max de terrains verts, etc.).  Certaines caractéristiques sont guerrières, d’autres spéciales (diplomatie : l’adversaire choisi ne pourra pas m’attaquer pendant ce tour, et vice-versa). Le jeu est assez rapide, il dure 8 tours, et c’est celui qui a le plus de points de victoire qui gagne à la fin, sachant que les points accumulés sont tenus secrets par chaque joueur, donc il faut suivre pour tenter de freiner celui qu’on pense être devant. C’est la grande différence avec « Vinci », ancêtre de Small word, où le but était d’atteindre en premier 150 points (on voyait à tout moment ou en était chacun des joueurs). Un jeu qui est devenu un classique du jeu de castagne.

A few acres of snow, 2 joueurs, 1h30-2h

Voici un excellent jeu à 2 joueurs, réalisé par Martin Wallace (le créateur du célèbre Age of Steam, de Brass ou d’Automobile) qui simulent la bataille entre les Français et les Anglais pour les terres de l’Amérique du Nord dans les années 1770. Ce jeu, dont une partie dure entre 1h30 et 2h, allie à une mécanique basée sur du deck building à la Dominion un jeu de stratégie militaire avec déplacement d’unités sur une carte géographique, à savoir donc les territoires du Canada et du Nord des Etats Unis.

Autre intérêt du jeu : il est asymétrique, c’est-à-dire que chaque joueur dispose de forces différentes. Les forces françaises ont moins d’argent et d’armée, mais nouent de meilleurs alliances avec les Indiens (ce qui permet des raids sur les villes de l’adversaire), ils n’ont qu’une place forte à défendre (contre 2 pour les anglais), etc.

Bref, c’est un jeu très agréable et qui propose une mécanique cross-over (mélange de 2 mécaniques classiques) très rafraîchissante.

Méditerranée, 2 à 4 joueurs, 2h30 – 3h

Ce jeu, récemment ressorti avec de très légères différences sous le titre « Serenissima », est un désormais classique du genre qui propose un très chouette équilibre entre commerce et guerre. Si on fait trop la guerre, on est à sec pour les prochains tours, et si on ne protège pas suffisament ses flottes avec des bateaux de guerre (remplis de marins plutôt que de marchandises), les adversaires vont avoir la fâcheuse tendance à venir les piller.  Pour commercer, on construit des bateaux, on enrôle des marins et on vend un produit (bois, fer, or, vin, tissu, etc.) dans des ports où cette matière est absente (les ports ont des espaces de stockage pouvant recevoir, 2, 4 ou 6 produits).

imperial

Imperial 2030, 2 à 6 joueurs, 2h

C’est encore un wargame assez spécial car il combine wargame et jeu d’argent. Je le comparerai volontiers au Monopoly des années 2010 car comme le Monopoly à l’origine, il véhicule un message idéologique critique vis-à-vis de l’état du monde. Le Monopoly dénonçait (et dénonce toujours même si notre société à complètement gommer en faisant sienne cette logique) la logique capitaliste de profit à outrance (je dois mettre sur la paille mes concurrents) et Imperial 2030 dénonce le monde de la finance qui contrôle les puissances mondiales et régissent les conflits. En 2030, les joueurs incarnent des financiers qui résident en Suisse, territoire inattaquable, et qui vont prêter de l’argent aux super puissances (Chine, Inde, Europe, Russie, Etats Unis, et Brésil) afin d’obtenir des obligations qui rapporteront des points de victoire en fin de partie, surtout si la puissance dont je détiens les parts s’est beaucoup développé. Et c’est là toute la subtilité du jeu : le joueur qui contrôle le plus de part dans la dette de l’Etat va pouvoir diriger la puissance en question. Ainsi, l’ordre du tour se déroule ainsi : Russie joue en 1, Chine en 2, Inde en  3, etc. et moi je jouer si je contrôle l’état en question. Et quand tel est le cas, je peux choisir de produire des unités militaires, les déplacer pour attaquer un autre état, m’étendre pour avoir plus de revenus que je collecte en taxant les territoires conquis. Cet argent va dans la caisse de l’état, puis quand je choisis de déclencher l’action « Investir », le joueur collecte les intérêts de son obligation en puisant dans la trésorerie de l’Etat. Donc on est sur une logique de : « je dois développer le pays pour l’enrichir pour ensuite moi m’enrichir ». Il faut rajouter à cela un système de rosace pour le choix d’action qui est assez sympa. Bref, un wargame où on fait la guerre sans se salir les mains, en faisant n’importe quoi avec le destin des Etats qu’on contrôle parce que de toutes façons on s’en fout c’est pas nous, et en s’en mettant plein les poches : un jeu à la mécanique très subtil à découvrir !

Quand ça se passe ?

Jeudi 18 avril 2013  (eh oui, cette fois c’est un jeudi !) , de 20h30 à minuit.

Où ça se passe ?

La salle de l’Inventaire se situe à la MJC Prévert  (au même endroit que le ciné Poche et Radio Alpa). Une fois la grande porte rouge  qui donne sur la Grande Rue franchie, la salle de l’Inventaire se trouve une dizaine de mètres sur la droite.

Et pour les boissons, c’est à la bonne franquette messieurs-dames, comme pour les jeux ! Chacun ramène ce qu’il veut et on partage le tout.

Soirée animée par Wissem.